faits séparément. Le commerce d’idées que le langage d’action établit entr’elles, étant très-borné, chaque individu n’a gueres, pour s’instruire, que sa seule expérience. S’ils n’inventent, s’ils ne perfectionnent que jusqu’à un certain point, s’ils font tous les mêmes choses, ce n’est pas qu’ils se copient ; c’est qu’étant tous jettés au même moule, ils agissent tous pour les mêmes besoins, et par les mêmes moyens.
Les hommes, au contraire, ont l’avantage de pouvoir se communiquer toutes leurs pensées. Chacun aprend des autres, chacun ajoute ce qu’il tient de sa propre expérience, et il ne difere dans sa maniere d’agir, que parce qu’il a commencé par copier. Ainsi de génération en génération, l’homme acumule connoissances sur connoissances. Seul capable de discerner le vrai, de sentir le beau, il crée les arts et les sciences, et s’éleve jusqu’à la Divinité, pour l’adorer et lui rendre graces des biens qu’il en a reçus.
Mais, quoique le sistême de ses facultés et de ses connoissances soit, sans comparaison, le plus étendu de tous, il