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Page:Œuvres complètes de Condillac, tome 5 - Traité des animaux, 1803.djvu/75

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Si elles sont vraies, tout le Traité des Sensations porte à faux.


Conclusion de la premiere partie.

Il est peu d’esprits assez sains pour se garantir des imaginations contagieuses. Nous sommes des corps foibles, qui prenons toutes les impressions de l’air qui nous environne, et nos maladies dépendent bien plus de notre mauvais tempérament, que des causes extérieures [463] qui agissent sur nous. Il ne faut donc pas s’étonner de la facilité avec laquelle le monde embrasse les opinions les moins fondées : ceux qui les inventent ou qui les renouvellent, ont beaucoup de confiance ; et ceux qu’ils prétendent instruire, ont, s’il est possible, plus d’aveuglement encore : comment pouroit-elle ne pas se répandre ?

Qu’un Philosophe donc qui ambitionne de grands succès, exagère les dificultés du sujet qu’il entreprend de traiter ; qu’il agite chaque question comme s’il alloit déveloper les ressorts les plus secrets des phénomenes ;