ne doit pas tenir dans la tête d’un naturaliste plus de place qu’elle n’en tient dans la nature, et une république d’abeilles ne sera jamais aux yeux de la raison, qu’une foule de petites bêtes qui n’ont d’autre raport avec nous que celui de nous fournir de la cire et du miel.
Ainsi, tout entier à de grands objets vous verrez Dieu créer l’univers, ordonner les existences, fonder la nature sur des lois invariables et perpétuelles, et vous vous garderez bien de le trouver attentif à conduire une république de mouches, et fort ocupé de la maniere dont se doit plier l’aîle d’un scarabée. Faites-le à votre image, regardez-le comme un grand Naturaliste qui dédaigne les détails, crainte qu’un insecte ne tienne trop de place dans sa tête : car vous chargeriez sa volonté de trop de petites lois, et vous dérogeriez à la noble simplicité de sa nature, si vous l’embarassiez de quantité de statuts particuliers, dont l’un ne seroit que pour les mouches, l’autre pour les hiboux, l’autre pour les mulots etc.