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Page:Œuvres complètes de Condillac, tome 5 - Traité des animaux, 1803.djvu/82

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plus qu’à rassembler les diférentes propositions que M. de B. a avancées pour établir ses hipotheses. Il est bon d’exposer en peu de mots les diférens principes qu’il adopte, l’acord qu’il y a entr’eux et les conséquences qu’il en tire. Je m’arrêterai sur-tout aux choses qui ne me paroissent pas aussi évidentes qu’à lui, et sur lesquelles il me permettra de lui demander des éclaircissemens.

I. Sentir ne peut-il se prendre que pour se mouvoir à l’ocasion d’un choc ou d’une résistance, pour apercevoir et comparer ? et si les bêtes n’aperçoivent, ni ne comparent, leur faculté de sentir n’est-elle que la faculté d’être mues ?

II. Ou si sentir est avoir du plaisir ou de la douleur, comment concilier ces deux propositions ? la matiere est incapable de sentiment, et les bêtes, quoique purement matérielles, ont du sentiment.

III. Que peut-on entendre par des sensations corporelles, si la matiere ne sent pas ?

IV. Comment une seule et même personne peut-elle être composée de deux principes diférens par leur nature, contraires