tombe sur lui, que parce qu’il a apris qu’il n’en doit rien craindre, il ne se dérobe à une pierre, que parce qu’il a apris qu’il en peut être blessé.
[474] La réflexion veille donc à la naissance des habitudes, à leurs progrès ; mais, à mesure qu’elle les forme, elle les abandonne à elles-mêmes, et c’est alors que l’animal touche, voit, marche etc. sans avoir besoin de réfléchir sur ce qu’il fait.
Par là toutes les actions d’habitude sont autant de choses soustraites à la réflexion : il ne reste d’exercice à celle-ci que sur d’autres ocasions qui se déroberont encore à elle, si elles tournent en habitude ; et comme les habitudes empietent sur la réflexion, la réflexion céde aux habitudes.
Ces observations sont aplicables à tous les animaux ; elles font voir comment ils aprenent tous à se servir de leurs organes, à fuir ce qui leur est contraire, à rechercher ce qui leur est utile, à veiller, en un mot, à leur conservation.