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Page:Œuvres complètes de Florian, Fauché-Borel, 1793, tome 9 - fables.djvu/140

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     Il reconnoît le patelin,
Et répond d’un ton doux : Je meurs d’impatience
     De vous embrasser, mon cousin ;
Je descends : mais, pour mieux lier la connoissance,
Je veux vous présenter mon plus fidèle ami,
Un parent qui prit soin de nourrir mon enfance ;
Il dort dans ce trou-là : frappez un peu ; je pense
Que vous serez charmé de le connoître aussi.
     Aussitôt maître renard frappe,
Croyant en manger deux : mais le fidèle chien
     S’élance de l’arbre, le happe,
     Et vous l’étrangle bel & bien.
Ceci prouve deux points : d’abord, qu’il est utile
Dans la douce amitié de placer son bonheur ;
Puis, qu’avec de l’esprit, il est souvent facile
Au piège qu’il nous tend, de surprendre un trompeur.



FABLE III

Le Courtisan & le dieu Protée


     On en veut trop aux courtisans ;
On va criant partout qu’à l’État inutiles,
Pour leur seul intérêt ils se montrent habiles :
     Ce sont discours de médisants.