Page:Œuvres complètes de Frédéric Bastiat, Guillaumin, 1.djvu/260

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des mécontentements, des révolutions, sans compter de déplorables habitudes morales et de coupables violations de la loi religieuse ? »

N’est-il pas permis d’espérer que ce langage sera entendu ? Courage donc, hommes de foi et de dévouement, courage et confiance ! ceux qui ne peuvent aujourd’hui se mêler à vos rangs vous suivent de l’œil et du cœur.

Recevez, Monsieur le président, l’assurance de mes sentiments respectueux et dévoués.




LETTRES À M. HORACE SAY.


Eaux-Bonnes, 4 juillet 1850.

Mon cher ami,

J’ai lu l’article de M. Clément sur les Harmonies. Si je croyais une controverse utile, je l’accepterais ; mais qui la lirait ? M. Clément a l’air de penser que c’est manquer de respect à nos maîtres que d’approfondir des problèmes qu’ils ont à peine effleurés, — parce qu’au temps où ils écrivaient, ces problèmes n’étaient pas posés. Selon lui, ils ont tout dit, tout vu, ne nous ont rien laissé à faire. — Ce n’est pas mon opinion et ce n’était certainement pas la leur. Entre les premières et les dernières pages de votre père, il y a un progrès trop sensible pour qu’il ne vît pas lui-même qu’il n’avait pas touché l’horizon et que nul ne le touchera jamais. Pour moi, les Harmonies fussent-elles finies à ma satisfaction (ce qui ne sera pas), que je ne les regarderais encore que comme un point d’où nos successeurs tireront un monde. Comment pourrions-nous aller bien avant, quand nous sommes obligés de consacrer les trois quarts de notre temps à élucider, pour un public égaré, les questions les plus simples ?