Page:Œuvres complètes de Frédéric Bastiat, Guillaumin, 2.djvu/305

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un des plus ardents amis de l’humanité : Quel moyen y a-t-il de renverser une loi que le législateur vote dans son propre intérêt ? — Puisse la législature rendre inutile la solution de ce problème !


47. — SIXIÈME DISCOURS, À MARSEILLE.


Fin d’août 1847.


Messieurs,


Se faire valoir en commençant un discours, c’est certainement violer la première règle de la rhétorique. Je crois néanmoins pouvoir dire, sans trop d’inconvenance, que c’est faire preuve de quelque abnégation que de paraître, dans les circonstances où je me trouve, devant une assemblée aussi imposante. Je parle après deux orateurs, l’un aussi familier aux pratiques commerciales qu’aux profondeurs de la science économique, l’autre célèbre dans le monde littéraire où il a cueilli une palme si glorieuse et si méritée, tous deux jugés dignes de représenter dans les conseils de la nation la reine de la Méditerranée. Je parle devant le plus grand orateur du siècle, c’est-à-dire devant le meilleur et le plus redoutable des juges, s’il n’en était, je l’espère, le plus indulgent. Je vois dans l’auditoire cette phalange de publicistes distingués qui, dans ces derniers temps, et précisément sur la question qui nous occupe, ont élevé la presse marseillaise à une hauteur qui n’a été nulle part dépassée. Enfin, l’auditoire tout entier est bien propre à effrayer ma faiblesse ; car l’éclat que jette la presse marseillaise ne peut guère être que l’indice et le reflet des lumières abondamment répandues dans cette grande et belle cité.

Il ne faut pas croire que toutes les objections qu’on a soulevées contre le libre-échange soient prises dans l’économie politique. Il est même probable que si nous n’avions