Page:Œuvres complètes de Frédéric Bastiat, Guillaumin, 2.djvu/474

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69. — CIRCULAIRES D’UN MINISTÈRE INTROUVABLE.


19 Mars 1848.


Le ministre de l’intérieur à MM. les commissaires du gouvernement, préfets, maires, etc.


Les élections approchent ; vous désirez que je vous indique la ligne de conduite que vous avez à tenir ; la voici : Comme citoyens, je n’ai rien à vous prescrire, si ce n’est de puiser vos inspirations dans votre conscience et dans l’amour du bien public. Comme fonctionnaires, respectez et faites respecter les libertés des citoyens.

Nous interrogeons le pays. Ce n’est pas pour lui arracher, par l’intimidation ou la ruse, une réponse mensongère. Si l’Assemblée nationale a des vues conformes aux nôtres, nous gouvernerons, grâce à cette union, avec une autorité immense. Si elle ne pense pas comme nous, il ne nous restera qu’à nous retirer et nous efforcer de la ramener à nous par une discussion loyale. L’expérience nous avertit de ce qu’il en coûte de vouloir gouverner avec des majorités factices.




Le ministre du commerce aux négociants de la République.


Citoyens,


Mes prédécesseurs ont fait ou ont eu l’air de faire de grands efforts pour vous procurer des affaires. Ils s’y sont pris de toutes façons, sans autre résultat que celui-ci : aggraver les charges de la nation et nous créer des obstacles. Tantôt ils forçaient les exportations par des primes, tantôt ils gênaient les importations par des entraves. Il