Page:Œuvres complètes de Frédéric Bastiat, Guillaumin, 6.djvu/147

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En d’autres termes :

La loi doit-elle faire prévaloir la Justice rigoureuse, ou être l’instrument de la Spoliation organisée avec plus ou moins d’intelligence ?

Il est bien évident que la solution de ces questions est subordonnée à l’étude et à la connaissance des lois sociales naturelles. On ne peut se prononcer raisonnablement avant de savoir si la propriété, la liberté, les combinaisons des services volontairement échangés poussent les hommes vers leur amélioration, comme le croient les économistes, ou vers leur dégradation, comme l’affirment les socialistes. — Dans le premier cas, le mal social doit être attribué aux perturbations des lois naturelles, aux violations légales de la propriété et de la liberté. Ce sont ces perturbations et ces violations qu’il faut faire cesser, et l’Économie politique a raison. — Dans le second, nous n’avons pas encore assez d’intervention gouvernementale ; les combinaisons factices et forcées ne sont pas encore assez substituées aux combinaisons naturelles et libres ; ces trois funestes principes : Justice, Propriété, Liberté, ont encore trop d’empire. Nos législateurs ne leur ont pas encore porté d’assez rudes coups. On ne prend pas encore assez aux uns pour donner aux autres. Jusqu’ici on a pris au grand nombre pour donner au petit nombre. Maintenant il faut prendre à tous pour donner à tous. En un mot, il faut organiser la spoliation, et c’est du Socialisme que nous viendra le salut[1].




Fatales illusions qui naissent de l’échange. — L’échange, c’est la société. Par conséquent, la vérité économique c’est

  1. Ce qui va suivre est la reproduction d’une note trouvée dans les papiers de l’auteur. S’il eût vécu, il en eût lié la substance au corps de sa doctrine sur l’échange. Notre mission doit se borner à placer cette note à la fin du présent chapitre. (Note de l’éditeur.)