Page:Œuvres complètes de Frédéric Bastiat, Guillaumin, 6.djvu/408

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La spoliation est un phénomène trop universel, trop persistant, pour qu’il soit permis de lui reconnaître un caractère purement accidentel. En cette matière, comme en bien d’autres, on ne peut séparer l’étude des lois naturelles de celle de leur perturbation.

— Mais, dira-t-on, si la spoliation entre nécessairement dans le jeu du mécanisme social comme dissonance, comment osez-vous affirmer l’Harmonie des lois économiques ?

Je répéterai ici ce que j’ai dit ailleurs : En tout ce qui concerne l’homme, cet être qui n’est perfectible que parce qu’il est imparfait, l’Harmonie ne consiste pas dans l’absence absolue du mal, mais dans sa graduelle réduction. Le corps social, comme le corps humain, est pourvu d’une force curative, vis medicatrix, dont on ne peut étudier les lois et l’infaillible puissance sans s’écrier encore : Digitus Dei est hic[1].





  1. Ici se terminaient les Harmonies économiques, à leur première édition. (Note de l’éditeur.)