Page:Œuvres complètes de Frédéric Bastiat, Guillaumin, 7.djvu/124

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effacer tous les péchés du monde ainsi que toutes ses misères ; mais elle convient que, pour être maîtres de s’associer, les hommes doivent au moins s’appartenir à eux-mêmes ; d’où il suit que la lutte contre le monopole doit précéder le travail de l’organisation.

Il est un journal que je regrette de ne pas voir dans nos rangs et au premier rang, c’est le National. Quoique cette feuille soit l’organe d’un parti, elle est considérée dans tous, à cause du mérite transcendant de ses écrivains et de sa réputation bien établie d’indépendance et d’austérité politique. Je sais que le National est favorable à la liberté commerciale comme à toutes les libertés. S’il ne descend pas dans la lice, cela tient à ses vues sur la politique générale de l’Europe, qui lui font penser que le moment n’est pas venu où la France pourrait, sans péril, s’engager par les liens du commerce avec des puissances oligarchiques ou absolues, hostiles aux principes de notre révolution. Mais, quoi ! les nations les plus avancées en industrie ne sont-elles pas les plus éclairées en politique ? — Et le commerce libre, ce grand distributeur des produits, n’est-il pas aussi le grand propagateur des idées ?

Enfin, si je jette un coup d’œil sur la presse départementale, je n’y vois aucun motif de découragement. Les trois grands journaux de Bordeaux défendent énergiquement notre principe. Le Courrier de Marseille consacre à cette cause un talent de premier ordre. Le Sémaphore suit la même voie ; je ne connais qu’un journal à Lyon, et il est pour nous, ainsi que le Journal du Havre, qui a acquis en ces matières une grande autorité.

Tel est, dans la presse française, le dénombrement de nos forces. Quels sont nos adversaires ? La Presse et le Constitutionnel. Encore ces deux journaux s’accordent-ils à reconnaître la vérité et la justice de notre doctrine. Ils se bornent à en ajourner indéfiniment l’application. En principe, disent-