Page:Œuvres complètes de Frédéric Bastiat, Guillaumin, 7.djvu/130

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de ne pas nous fermer la bouche, de ne pas nous accabler seuls sous les pouvoirs exorbitants que la législation ne vous a pas confiés à celte fin. Si, pour arriver à faire prévaloir nos droits de contribuables, nous sommes réduits à défendre d’abord nos droits de citoyens ; s’il nous faut préalablement discuter et renverser l’article 291 et sa lignée de septembre, nous sommes prêts. Odieuses en elles-mêmes, l’usage que vous faites de ces armes achèvera de les discréditer, et nous les briserons dans vos mains.

Mais, en même temps, nous ne méconnaîtrons pas le service que vous rendez à notre cause. Combien d’auxiliaires inattendus ne poussez-vous pas sous notre drapeau ! La presse opposante y accourra toute entière. Elle hésitait ; ses convictions économiques, à ce qu’il semble, sont encore douteuses. Ce combat d’avant-garde la fera arriver dans nos rangs, et elle y restera ; car elle apprendra qu’on y respire l’air de la justice et de la liberté.

Je suis, monsieur le Ministre, votre serviteur.


25. LA LOGIQUE DU MONITEUR INDUSTRIEL[1].


Le Moniteur industriel, toujours fidèle au monopole, commente aujourd’hui la déclaration de l’Association du libre-échange. Après avoir dit qu’elle tient compte de quelques idées générales dont il ne conteste pas la justesse, il ajoute qu’elle ne tient pas compte de la vie réelle ; d’où il suit, selon lui, qu’il y a incompatibilité entre la vie et les idées. Sous l’influence de cette pensée, le Moniteur affirme que la déclaration est bonne pour l’Académie des sciences

  1. Mémorial bordelais du 1er juillet 1846. (Note de l’édit.)