Page:Œuvres complètes de Frédéric Bastiat, Guillaumin, 7.djvu/209

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riole est perdue pour la satisfaction de ses justes et légitimes besoins.

Les ouvriers savent cela, et l’on demande au conseil général de Paris de proclamer qu’il l’ignore !

On vous dit encore que si l’année dernière nous avions modifié notre tarif, cette année l’Angleterre nous eût inondés.

Quoi ! c’est au moment où le coton lui manque qu’elle nous eût inondés de coton ? C’est au moment où les Anglais empruntent à 8 pour 100 pour payer leurs dettes les plus pressantes qu’ils auraient agrandi toutes leurs industries à la fois pour nous inonder ? — Mais il y a dans le monde des pays qui jouissent de quelque liberté. Ont-ils été inondés ? L’Union américaine, la Suisse, la Hollande et la Toscane ont-elles été inondées ?

On vous parle ensuite de l’industrie de Paris comme si elle ne s’occupait que de modes et de luxe. Vous savez mieux que personne que la ville que vous représentez a une bien autre importance industrielle. Vous savez aussi qu’elle est en possession d’un noble et légitime monopole, celui du goût ; et lorsqu’on voit quelle immense supériorité, sous le régime de la liberté, le goût, l’art et le génie donnent à Paris sur les provinces, il est permis de croire qu’ils donneraient cette même supériorité à la France sur l’étranger, surtout si, pour satisfaire d’injustes prétentions, l’on ne mettait pas hors de sa portée les matériaux, les instruments et les débouchés de son industrie.

Enfin, Messieurs, on vous fait observer que le Siècle, le National, la Revue nationale, l’Atelier, la presse démocratique, en un mot, repousse ce qu’on nomme notre théorie, c’est-à-dire le droit de disposer du fruit de son travail. Nous ne le nions pas, et c’est pour nous un sujet d’étonnement et d’affliction. Nous sommes profondément surpris et affligés de voir, nous ne dirons pas la démocratie française, mais les