Page:Œuvres complètes de Frédéric Bastiat, Guillaumin, 7.djvu/293

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Le Publiciste.

Sans doute. Mais vous voyez la chose sous le point de vue le plus trivial. Peu importe. — Vous avez sans doute réfléchi à l’acte solennel que vous êtes venu accomplir.

Le Campagnard.

Il me paraît si simple que je n’ai pas cru devoir consacrer beaucoup de temps à le méditer.

Le Publiciste.

Y pensez-vous ? C’est une chose simple que de nommer un législateur ! Vous ne savez donc pas combien notre politique extérieure est compliquée, combien de fautes a commises notre ministère, combien de factions cherchent, en sens divers, à entraîner le pouvoir. Choisir parmi les candidats l’homme le plus propre à apprécier tant de combinaisons, à méditer tant de lois qui nous manquent, à distinguer entre tous les partis le plus patriote pour le faire triompher et abattre les autres, n’est pas une chose aussi simple que vous pouvez le croire.

Le Campagnard.

À la bonne heure. Mais je n’ai ni le temps ni la capacité nécessaires pour étudier tant de choses.

Le Publiciste.

En ce cas, rapportez-vous-en à ceux qui y ont réfléchi. Venez dîner avec moi, chez le général B., je vous dirai à qui il convient que vous donniez votre vote.

Le Campagnard.

Souffrez que je n’accepte ni vos offres ni vos conseils.