Page:Œuvres complètes de Guy de Maupassant, XVI.djvu/249

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


nuages gris chargés de cette pluie mousseuse avaient disparu, et le ciel bleu se déployait au-dessus de la terre blanche sur qui le soleil levant jetait des reflets d’argent.

Césaire regardait devant lui, par la fenêtre, sans penser à rien, heureux.

La porte s’ouvrit, deux femmes entrèrent, des paysannes endimanchées, la tante et la cousine du marié, puis trois hommes, ses cousins, puis une voisine. Ils s’assirent sur des chaises, et ils demeurèrent immobiles et silencieux, les femmes d’un côté de la cuisine, les hommes de l’autre, saisis soudain de timidité, de cette tristesse embarrassée qui prend les gens assemblés pour une cérémonie. Un des cousins demanda bientôt :

— C’est-il point l’heure ?

Césaire répondit :

— Je crais ben que oui.

— Allons, en route, dit un autre.

Ils se levèrent. Alors Césaire, qu’une inquiétude venait d’envahir, grimpa l’échelle du grenier pour voir si son père était prêt. Le vieux, toujours matinal d’ordinaire, n’avait point encore paru. Son fils le trouva sur sa paillasse, roulé dans sa couverture, les yeux ouverts, et l’air méchant.