Page:Œuvres complètes de Guy de Maupassant, XVI.djvu/251

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les femmes tenaient haut leurs jupes, montraient leurs chevilles maigres, leurs bas de laine grise, leurs quilles osseuses, droites comme des manches à balai. Et tous allaient en se balançant sur leurs jambes, l’un derrière l’autre, sans parler, tout doucement, par prudence, pour ne point perdre le chemin disparu sous la nappe plate, uniforme, ininterrompue des neiges.

En approchant des fermes, ils apercevaient une ou deux personnes les attendant pour se joindre à eux ; et la procession s’allongeait sans cesse, serpentait, suivant les contours invisibles du chemin, avait l’air d’un chapelet vivant, aux grains noirs, ondulant par la campagne blanche.

Devant la porte de la fiancée, un groupe nombreux piétinait sur place en attendant le marié. On l’acclama quand il parut ; et bientôt Céleste sortit de sa chambre, vêtue d’une robe bleue, les épaules couvertes d’un petit châle rouge, la tête fleurie d’oranger.

Mais chacun demandait à Césaire :

— Oùs qu’est ton pé ?

Il répondait avec embarras :

— I ne peut plus se r’muer, vu les douleurs.