Page:Œuvres complètes de Guy de Maupassant, XVI.djvu/257

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


la campagne glacée, jusqu’à midi, jusqu’à l’heure du dîner, car il avait vu, installé dans une grande caisse à savon, le petit de Céleste qui dormait encore.

Il n’en prit point son parti. Il vivait dans la chaumière, comme autrefois, mais il avait l’air de ne plus en être, de ne plus s’intéresser à rien, de regarder ces gens, son fils, la femme et l’enfant comme des étrangers qu’il ne connaissait pas, à qui il ne parlait jamais.

L’hiver s’écoula. Il fut long et rude. Puis le premier printemps fit repartir les germes ; et les paysans, de nouveau, comme des fourmis laborieuses, passèrent leurs jours dans les champs, travaillant de l’aurore à la nuit, sous la bise et sous les pluies, le long des sillons de terre brune qui enfantaient le pain des hommes.

L’année s’annonçait bien pour les nouveaux époux. Les récoltes poussaient drues et vivaces ; on n’eut point de gelées tardives ; et les pommiers fleuris laissaient tomber dans l’herbe leur neige rose et blanche qui promettait pour l’automne une grêle de fruits.

Césaire travaillait dur, se levait tôt et rentrait tard, pour économiser le prix d’un valet.