Page:Œuvres complètes de Guy de Maupassant, XVI.djvu/29

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Mais Principe reparut, l’air désolé et les mains vides. Il murmura : « Je ne trouve rien, m’sieu le maire, rien de rien nulle part. »

L’autre, effaré, répondit d’une voix grasse, noyée dans les larmes : « Qu’est-ce que tu ne trouves pas ?

— Les hardes de la petite.

— Eh bien !… eh bien !… cherche encore… et… et… trouve-les… ou… tu auras affaire à moi.

L’homme, sachant qu’on ne résistait pas au maire, repartit d’un pas découragé en jetant sur le cadavre un coup d’œil oblique et craintif.

Des voix lointaines s’élevaient sous les arbres, une rumeur confuse, le bruit d’une foule qui approchait ; car Médéric, dans sa tournée, avait semé la nouvelle de porte en porte. Les gens du pays, stupéfaits d’abord, avaient causé de ça dans la rue, d’un seuil à l’autre ; puis ils s’étaient réunis ; ils avaient jasé, discuté, commenté l’événement pendant quelques minutes ; et maintenant ils s’en venaient pour voir.

Ils arrivaient par groupes, un peu hésitants et inquiets, par crainte de la première émotion. Quand ils aperçurent le corps, ils s’ar-