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LES CARESSES.

parce qu’elle est belle, parce qu’elle est blanche et ferme, et ronde et douce, et délicieuse sous la lèvre et sous les mains.

Quand les artistes ont cherché la forme la plus rare et la plus pure pour les coupes où l’art devait boire l’ivresse, ils ont choisi la courbe des seins, dont la fleur ressemble à celle des roses.

Or, j’ai lu dans un livre érudit, qui s’appelle le Dictionnaire des Sciences médicales, cette définition de la gorge des femmes, qu’on disait imaginée par M. Joseph Prudhomme devenu docteur en médecine :

« Le sein peut être considéré chez la femme comme un objet en même temps d’utilité et d’agrément. »

Supprimons, si vous voulez, l’utilité et ne gardons que l’agrément. Aurait-il cette forme adorable qui appelle irrésistiblement la caresse s’il n’était destiné qu’à nourrir les enfants.

Oui, madame, laissons les moralistes nous prêcher la pudeur, et les médecins la prudence ; laissons les poètes, ces trompeurs toujours trompés eux-mêmes, chanter l’union chaste des âmes et le bonheur immatériel ; laissons les femmes laides à leurs devoirs et