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ŒUVRES COMPLÈTES DE MAXIMILIEN ROBESPIERRE

avait puisé l’idée de son discours de réception ; la question que la Société lorraine avait proposée pour le prix à décerner le jour de la Saint Louis 1783 lui servit ainsi doublement.

Elle était énoncée en ces termes : « Quelle est l’origine de l’opinion qui étend sur tous les individus d’une même famille, une partie de la honte attachée aux peines infamantes que subit un coupable ? Cette opinion est-elle plus nuisible qu’utile ? Et dans le cas où l’on se déciderait pour l’affirmative, quels seraient les moyens de parer aux inconvéniens qui en résultent ? » Mais aucun des mémoires présentés au concours de 1783 ne parut répondre à la question d’une manière satisfaisante. Plusieurs auteurs avaient soutenu l’utilité du préjugé » sans néanmoins en avoir pesé et suffisamment approfondi les causes, ainsi que ses avantages ou ses inconvéniens pour la Société en général, et pour chaque famille en particulier ». D’autres, en l’attaquant, n’avaient pas fait usage de toutes les ressources que le sujet présentait[1].

Ce n’est pas cependant, ainsi qu’en fait foi le rapport sur le concours, imprimé et distribué, que la Société royale « n’eût distingué parmi les Mémoires qu’elle avait examinés des ouvrages dignes d’éloges ».

« Le Mémoire inscrit sous le n° 7 et portant pour épigraphe ces mots d’Horace, Tollite barbarum morem, est écrit purement et avec chaleur. L’auteur attaque vivement le préjugé, et parlant au cœur avec les mouvements d’une éloquence persuasive, il sait sentir le mal qui en résulte pour les familles ; mais il ne discute pas suffisamment celui que peut éprouver la société politique, il n’indique pas assez nettement les sources de l’opinion, non plus que les moyens d’y remédier.

  1. Prix proposés par la Société royale des Sciences et des Arts de Metz pour les années 1784 et 1785. À Metz, de l’imprimerie de Joseph Antoine, imprimeur du Roi, etc. MDCCLXXXIII, in-4°, 4 p.