Page:Œuvres complètes de Maximilien de Robespierre, tome 1.djvu/225

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ŒUVRES POÉTIQUES


DE


MAXIMILIEN ROBESPIERRE




INTRODUCTION


La société d’Arras, à la fin du xviiie siècle, était, à juste titre, réputée pour son culte des belles lettres et des arts ; les esprits les plus divers s’y trouvaient réunis ; dans les salons, dont certains possédaient de riches galeries de peintures (celle de l’avocat Leducq comptait des Nattier, des Téniers, des Van Dyck, des primitifs flamands d’une inappréciable valeur), avaient lieu fréquemment des fêtes et des concerts très suivis ; à nulle époque, hormis celle des trouvères Artésiens, la vie intellectuelle ne fut plus intense ; d’aimables poètes chantaient l’amour dans un style badin qui faisait penser à Marivaux ; d’importantes communications étaient faites à l’Académie d’Arras ; Dauchez et Liborel, avocats au Conseil d’Artois, traitaient, dans leurs plaidoyers, les sujets les plus variés, ce qui n’étonne point, quand on sait que, chaque jour, ces maîtres du barreau avaient à prendre la parole devant les diverses juridictions royales et échevinale.

Le Gay, le chantre de la douce Myrtis, dont les yeux ne furent pas sans jeter quelque trouble sur son adolescence, rêvait d’établir, à l’imitation des anciens une société littéraire et bachique sous les auspices d’une fleur ; il choisit la rose, entre toutes la plus suave et la plus belle.

À son instigation, plusieurs jeunes gens d’Arras qui commençaient à peine leurs études de droit, de théologie, ou de