Page:Œuvres de Blaise Pascal, IV.djvu/283

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ŒUVRES 177

n’est qu’une pure question de nom, qui convient mieux à la legereté d’un Grec oisif, qu’à la gravité des Théologiens, à moins que la nécessité ne les oblige d’entrer dans ces sortes de disputes...

Voilà tout le sujet de cette Lettre. Voila tout ce que Montalte y traite avec tant d’érudition, non qu’il rejette entièrement la chose même que les Thomistes expriment par le terme de grace suffisante ; mais il fait voir que le nom en est dangereux ; qu’il entretient une erreur populaire ; que c’est indiscrétement que quelques personnes s’en servent dans les entretiens particuliers, et injustement qu’on veut contraindre les Théologiens à s’en servir. Il n’empêche néanmoins personne d’en user sur les bancs, et dans l’école, pourvu que les Professeurs aient soin d’en détacher le sens des Molinistes: mais il est indigné avec raison qu’on en use indifferemment en parlant au peuple ignorant et aux simples femmes ; ce que ceux qui l’ont inventé n’ont même jamais fait.

De plus il faut remarquer qu’il ne condamne pas tous les Dominicains, dont la plus grande partie n’a vu qu’avec indignation la lâcheté de leurs Confrères , mais seulement un certain parti du Convent de Paris, dont le P. Nicolaï est le Chef, et qui dans ces disputes avoit abandonné les sentimens de son Ordre, et s’étoit lié avec les Jésuites pour abolir la doctrine de Saint Thomas.


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série. I 12