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FRANÇOIS VILLON

Bourbonnais[1]. Or l’on sait que, suivant une habitude assez fréquente de son temps, le père de Villon, dont on ignore le nom de famille, avait pris celui du seigneur qui possédait cette terre[2]. Il en est de même pour cet autre nom de des Loges qui était celui d’une métairie relevant du même fief, et que sans doute le père de Villon exploitait à titre précaire[3]. Il semble donc inutile de chercher à rattacher ce nom de Montcorbier que portait le jeune François à la noble famille des Montcorbier en Bourbonnais et d’en faire, ainsi qu’on l’a conjecturé, un descendant, légitime ou bâtard, de cette maison[4]. Villon ne nous dit-il pas qu’il est pauvre et de petite « extrace[5] », qu’il n’a « cens, rente ne avoir[5] », et que sur le tombeau de ses ancêtres « on n’y voit couronnes ne sceptres[5] » ? Il n’y a aucune raison pour mettre en doute la sincérité de ces déclarations répétées. Toutefois si le jeune François ne tenait pas, par sa naissance, aux Montcorbier du Bourbonnais, il connut vraisemblablement le chef de cette famille, qui était alors Girard II de Montcorbier, « noble homme, escuyer », rési-

  1. Longnon, Étude biographique, p. 28-29.
  2. Sur la famille de Montcorbier, cf. G. de Soultrait, Armorial du Bourbonnais (Moulins, 1857, in-8o), p. 231 et planche XIX ; Dom Bétencourt, Noms féodaux ou noms de ceux qui ont tenu fiefs en France (Paris, 1867, in-8o), t. III, p. 125 ; Aubert de la Faige, Les Fiefs du Bourbonnais (1896, in-8o), p. 572, 573, 574, n. i, et la Table) ; Guillaume Revel, Armorial, Bibl. nat. fr. 22297 (xve s.), etc. — Les manuscrits cités dans ces notes et dont le fonds n’est pas désigné, appartiennent tous à la Bibliothèque nationale : comme ils sont de beaucoup les plus nombreux, il a paru inutile de répéter chaque fois cette indication.
  3. Aubert de la Faige, Les Fiefs du B., p. 214 ; 592.
  4. Reure (l’abbé), Simple conjecture sur les origines paternelles de François Villon, Paris, 1902, in-8.
  5. a, b et c Test., 274 ; 180 ; 280. — Dans le Jardin de Plaisance, l’auteur d’un lai parle d’un amant « povre comme Villon », fol. 82.