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Page:Œuvres de Vincent de Lérins et de St Eucher de Lyon, 1834.djvu/371

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Le premier devoir d’un homme créé et mis au jour, c’est, mon trés-cher Valérien, de connaitre son auteur, de s’attacher à lui sitót qu’il le connait, et de consacrer au service et au culte divin sa vie, ce présent du Ciel ; en sorte qu’il fasse hommage à Dieu de ce qu’il tient de sa main libérale, et qu’il lui renvoie, dans une humble dépendance, tout ce qu’il en a recu, sans l’avoir mérité. Car la saine raison nous dit incessamment que si nous fümes créés par lui, nous le fümes aussi pour lui. Celui-là donc saisit merveilleusement le but que se proposa le Créateur en formant l’homme, qui comprend bien que s’il nous a faits lui-méme, c’est pour lui qu’il nous afaits.

Il est trés-bon, aprés cela, de donner à l’ame un soin tout spécial, afin de ne pas la reléguer au second rang dans notre pensée, elle qui, pour son importance, occupe la premiere place. Que les choses les plus essentielles obtiennent chez nous tous nos premiers soins ; que le salut, qui est l’affaire principale, devienne le grand objet de notre sollicitude. Soyons occupés à le défendre et à le garantir ; ce n’est pas notre premier, c’est notre unique intérét. Qu’il l’ernparte sur tout le reste dans notre zéle, puisqu’il marche aussi avant tout le reste. Nous devons donc un souverain respect à Dieu, puis : de grands égards à notre ame 5 mais néanmoins ces deux devoirs sont également sacrés, et ne semblent pas pouvoir étre isolés l’un de l’autre. Ainsi, quiconque satisfait à Dieu, consulte par-là méme les intéréts de son ame, et réciproquement, quiconque