Page:Œuvres de Walter Scott, Ménard, traduction Montémont, tome 26, 1838.djvu/258

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Dans une autre occasion, la prévenue déclara que la fièvre accompagnée du délire lui a été occasionnée par la manière soudaine dont de mauvaises nouvelles lui ont été annoncées ; mais elle refusa de dire de quelle nature elles étaient.

D. « Pourquoi ne communiquez-vous pas ces détails, qui pourraient peut-être mettre les magistrats à même de s’assurer si votre enfant existe ou non ? En persistant à vous taire sur ce point, vous exposez votre vie ; vous laissez peut-être votre enfant dans les mains coupables auxquelles il est tombé, et dont on pourrait le tirer. D’ailleurs, le refus que vous faites maintenant de vous expliquer sur certains points dément l’intention que vous dites avoir eue de vous confier à votre sœur. R. — Je ne puis douter que mon enfant ne soit mort ; et d’ailleurs s’il vit, il existe un être qui veillera sur lui. Quant à ma propre existence, elle est entre les mains de Dieu qui sait à quel point je suis innocente de toute intention criminelle envers mon enfant. J’ai renoncé à la résolution que j’avais prise de tout découvrir en quittant le logement de la femme en question, par suite d’une nouvelle qui m’est parvenue. »

Ici la prévenue déclare qu’elle est fatiguée, et ne répondra plus à aucune autre question pour le moment.

Dans un interrogatoire subséquent Euphémie Deans se conforma à la déclaration qu’elle avait déjà faite ; seulement lorsqu’on lui montra une lettre qu’on avait trouvée dans ses effets, elle convint que c’était après l’avoir reçue qu’elle s’était décidée à se livrer aux directions de la femme chez qui elle était accouchée. Voici le contenu de cette lettre :

« Ma chère Effie,

« J’ai trouvé le moyen de vous faire parvenir cette lettre par une femme qui est en état de vous procurer l’assistance dont vous aurez besoin dans la situation où vous allez vous trouver. Elle n’est pas tout ce que je désirerais qu’elle fût, mais je ne puis faire mieux dans ma position actuelle, et je suis obligé dans cette extrémité de lui confier mon sort et le vôtre. J’ai encore de l’espérance, quoique je sois réduit à une cruelle situation, mais la pensée est libre, et je me flatte que Handie Dandie et moi échapperons encore au gibet malgré tout ce qui s’est passé. Vous allez vous fâcher de ce que je vous écris ainsi, mon petit Lis caméronien ; mais si je puis sauver ma vie pour l’employer à faire votre