Page:Œuvres de Walter Scott, Ménard, traduction Montémont, tome 26, 1838.djvu/452

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entier de repos dans le village de Longtown. Ce fut en vain que Jeanie elle-même voulut protester contre ce délai ; l’homme de confiance du duc était un personnage qui ne pouvait manquer de se donner un peu d’importance ; et comme il avait étudié la médecine dans sa jeunesse (au moins c’était le mot dont il se servait pour exprimer que trente ans auparavant il avait passé six mois à piler des drogues chez le vieux Mungo Mangelman, chirurgien-apothicaire à Greenock), il était obstiné dans son opinion toutes les fois qu’il s’agissait d’une question relative à la santé.

Dans ce cas, il avait découvert des symptômes fébriles, et ayant eu le bonheur d’appliquer ce terme scientifique à l’état de Jeanie, toute résistance de sa part devint inutile ; elle fut obligée de se soumettre à boire du gruau et à s’aller coucher, ce qu’elle fit avec plaisir pour être libre de s’abandonner à ses pensées.

Archibald ne fut pas moins attentif sur un autre point ; il avait remarqué que l’exécution de la vieille femme et le misérable sort de sa fille semblaient avoir produit une impression bien plus forte sur l’esprit de Jeanie que celle qu’aurait produite le seul sentiment de l’humanité. Cependant, comme c’était une jeune fille pleine de bon sens et de force d’esprit, et nullement sujette aux affec-