Page:A. Belot - Les Stations de l’Amour.djvu/108

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— Mais non !…

Et toi qui la trouves si jolie et bien faite, quand tu la déshabilles, n’éprouves-tu pas des envies ?… car je te connais, petite gougnotte…

— Mais non, je t’assure…

— Eh bien ! si j’étais à ta place, je la dégourdirais…

J’avais une folle envie de rire.

— Eh bien, vois-tu, moi, je t’aime vraiment parce que tu n’as pas cherché à me supplanter auprès de mes amants, hommes et femmes, que tu m’as fidèlement servie, que tu m’as souvent aidée de tes bons conseils, et enfin parce que tu es aussi… cochonne que moi, tout en gardant une décence extérieure dont je ne serais pas capable.

Nous étions presque nues ; elle avait sa main sous ma chemise et déjà chatouillait certain bouton… Nous unîmes nos langues…

(À ce moment-là, Thérèse s’interrompit pour m’embrasser et me demander pardon : « J’avais perdu la tête, me dit-elle, et j’ai oublié ma Cécile ». Je la rassurai encore une fois et la pressai de continuer).

Après ?… Je ne sais comment nous nous trouvâmes vautrées sur le lit, nous gamahuchant follement toutes les deux. Trois fois de suite nous jouîmes ensemble. Lorsque nous revînmes à nous, la Saint-Léon se leva et me dit : « Oh ! Thérèse, que j’ai joui !… que je t’aime !… J’en veux encore… viens me le mettre par devant, par derrière, partout… avec le godmiché, tu sais ?… »

Si je savais !… Je connaissais l’instrument qui avait servi bien des fois dans nos ébats ; j’allai tout droit à un chiffonnier où nous le serrions d’habitude. J’eus tôt fait de me l’attacher. Elle prit à peine le temps d’y introduire une décoction tiède de guimauve, et m’entraînant sur le lit : « Mets-le moi vite, baise-moi bien, fais-moi tout ce que tu voudras… »

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