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CLUB MONARCHIQUE

Les Archives nationales ont conservé une

« Lettre de M.Bailly à M. Cochon de Lapparent,avec note signalant les agissements d’une société contre-révolutionnaire se réunissant rue de Vaugirard, sous la présidence de M. de Clermont-Tonnerre. » Elle est datée du 3 décembre 1790 (1).

Clermont-Tonnerre, voulant rester sur le terrain légal, prit alors une permission de la municipalité, à l’effet de transformer ses réunions en club, de transférer les séances des Amis de la monarchie aux Grands Jésuites^ rue Saint-Antoine.

Ces Amis de la monarchie s’y assemblaient le soir du 28 janvier 1791 (2). Ils devinrent lutteurs décidés, propagandistes. « Ce club, dit le marquis de Ferrières, était un tiers parti entre les aristocrates et les jacobins, qui, sans admettre en entier le système des premiers, voulait un gouvernement basé à peu de choses près sur le gouvernement anglais. Clermont résolut non seulement de combattre les Jacobins à Paris, mais encore de les combattre dans les départements : il établit, sous différents noms, des affiliations de son club monarchique... On convint que les associés donneraient, en se faisant recevoir, une somme d’argent proportionnée à leurs facultés... Clermont-Tonnerre, ne voulant pas qu’on pût lui reprocher, dans l’établissement de son club, la plus légère contravention à la loi, alla prendre une permission de la municipalité... Le Club monarchique s’ouvrit sous les plus heureux auspices ; il eut, dès ses premières séances, six cents souscripteurs (3). » Tout aussitôt, Jean-René Loyseau, jurisconsulte, membre de la Société des Amis de la Constitution, séante aux Jacobins, publia une brochure commençant par cette phrase : « Le Club monarchique est une association anti-constitutionnelle. » Ainsi, comme l’observe Louis Blanc : vers la fin d’octobre 1790, le Club des Impartiaux (4), qu’on avait cru mort, « ressuscita tout à coup, et avec une organisation plus complète, avec des moyens plus puissants. »

Ajoutons : avec une couleur de royalisme plus tranchée ; en tout cas, avec des allures plus agressives.

Bientôt, un arrêté de la municipalité, après des désordres, défendit (1) Minute (2 p.), D.XXIX’ 32, n» 328.

(2) Journal des Clubs, t. I, p. 345.

(3) Mémoires de Ferrières, t. Il, liv. 8. (4) Voir Club des Impartiaux.