Page:A. Challamel.- Les Clubs contre-révolutionnaires.djvu/585

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Julie Bêcheur, marchande de fleurs aux Halles, surnommée Rose de Mai et Reine de Hongrie, avait une grande admiration pour Marie-Antoinette, et elle manifesta son enthousiasme (1). Précédemment, elles avaient fait preuve de patriotisme et de charité, quêtaient entre elles pour les pauvres. Les poissardes se ressentirent des opinions émises, plus tard, par la section de la Halle aux blés, qui réclama la répression des terroristes. Autant de halles, autant de petites réunions ou clubs, variables dans leurs buts, où la contre-révolution se glissait parfois sous des façons patriotiques, et dont la police ne pouvait guère atteindre les membres hypocrites.

A l’étranger, on ne se gênait pas pour entretenir des correspondances avec les monarchistes de l’intérieur. Le marquis de Fournès « s’était fait comme le recruteur de Coblentz, où il faisait de fréquents voyages. » Il engageait les députés de la droite qui se réunissaient chez M. de la Tour du Pin à se dissoudre et à émigrer » (septembre 1790) (2). En 1791, nombre d’officiers français émigrés se réfugièrent à Bruxelles. Ils endossaient de temps en temps leur uniforme et arboraient publiquement la cocarde blanche. Quelques-uns formèrent un club.

Beaucoup de faux-frères, à Paris, se glissaient dans les réunions patriotiques en apparence. Nous lisons, dans une feuille plus que modérée de la Révolution :

« COMMUNE DE PARIS.

« Le Club des hommes du 10 août fut accusé, en brumaire an II, d’être composé en partie d’hommes entachés d’aristocratie et même d’hommes reconnus très suspects... »

« Un membre fait l’éloge du patriotisme des citoyens qui composent ce Club ; mais il observe que dans ce moment certains individus, dont la conduite n’est pas des plus pures, se font recevoir dans des Sociétés populaires pour être réputés patriotes (3). » « Dans plusieurs hôtels de Paris, ceux des aristocrates qui n’ont pu s’échapper depuis l’affaire du 10 (août 1792), tuent leur temps auprès d’une petite guillotine en acajou qu’on apporte sur la table au des- [1]

  1. (1) Elle fut exécutée plus tard. (2) Papiers d’un émigré, le baron de Guilhermy, Paris, 1886, p. 34. (3) Journal de Paris, numéro du 25 brumaire an IL