Page:Abbadie - L’Art de se connaitre soi-meme.djvu/35

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tes ces manieres. La foy nous la fait recevoir, parce que J. Christ & les Apôtres l’ont enseignée & pratiquée. Le sentiment de la conscience nous la fait approuver, parce qu’elle nous satisfait, nous éleve & nous console. La raison luy donne en fin son suffrage, parce qu’il n’y a rien de conforme aux maximes du bon sens ; soit dans les principes sur lesquels elle est establie, soit dans les regles qu’elle nous préscrit.

Dieu en use à peu prés de la même maniere, lorsqu’il faut nourrir nôtre ame, que lorsqu’il s’agit de nourrir nôtre corps. Il ne nous donne pas seulement une raison pour pourvoir à la subsistence de ce dernier, car quoyque cette raison soit necessaire, elle ne suffit point pour nous déterminer à prendre les alimens destinés à nôtre conservation dans cette regularité qui est necessaire pour leur faire produire leur effêt. Il a voulu aîouter le sentiment qui nous fait trouver ces alimens agreables, & la foy que nous avons en ceux qui nous les ont fait prendre, avant que