Page:Abensour - La Femme et le Féminisme avant la Révolution, 1923.djvu/92

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d’Oiron, est établie une école gratuite pour les filles. La maîtresse est chargée de faire l’instruction au dedans et au dehors.

Dans la Marche et le Limousin, il semble également qu’on ait fait ça et là quelques tentatives pour créer un enseignement populaire féminin : des Ursulines sont établies à Limoges, Eymoutiers et Brives, des Bénédictines à Limoges, des filles de Notre-Dame à Saint-Léonard, Saint-Junien[1], Tulle et Argentat et, dans d’assez nombreuses localités, des écoles sont instituées par des particuliers. À Evaux, on trouve, en 1788, deux sœurs institutrices pourvues de 100 livres d’appointements[2].

Un professeur d’éloquence à l’Université de Paris, maître Chrétien Leroy, laisse une somme de 10 000 livres à sa ville natale, Mainsat, pour établir à l’hôtel de la Miséricorde une école gratuite de filles.

Dans cette même localité de Mainsat, pourtant peu importante, Françoise de la Roche Aymon, dame d’honneur de la princesse de Lamballe, d’accord avec la Supérieure des Filles de la Charité, établit à l’hospice quatre sœurs, dont trois soigneront les malades et la quatrième fera gratuitement l’école à douze filles désignées, deux du village, dix des villages environnants, et pourra, moyennant une légère rétribution, en enseigner d’autres[3]. Nous savons d’ailleurs que les sœurs de l’hospice de Mainsat éprouvaient avec leurs élèves, fort indisciplinées, volontiers mutinées, d’assez grandes difficultés. En 1783, on dut établir un règlement pour les écoles de filles ; des punitions corporelles : fouet, mise à genoux étaient naturellement prévues. Celles qui refusaient de s’y soumettre étaient exclues.

De même on se préoccupe d’assurer leur assiduité en renvoyant celles qui auraient fait sans motif trois jours d’absence[4].

Dans d’autres régions du centre (Lyonnais), les efforts tentés pour développer l’instruction féminine semblent également assez heureux. À Lyon, on trouve, dès 1688, 33 écoles de filles et écoles mixtes. Les maîtresses sont assez nombreuses pour faire une communauté. Celle-ci compte, en 1737, 50 membres. Quelques-unes sont qualifiées de Dames rectrices des écoles[5]. Au cours du xviiie siècle, les écoles gratuites se développent : les unes distribuant un

  1. Arch. nat., D. XIX, 5.
  2. Arch. dép., Creuse, H. suppl. 194.
  3. Arch. dép., Creuse, H. suppl. 162.
  4. Ibid., H. suppl., 74.
  5. Arch. dép., Rhône, D. 396.