Page:Académie française - Recueil des discours, 1860-1869, 1re partie, 1866.djvu/443

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la répression de la traite des noirs, comme au défenseur si constant et si éclairé de l’émancipation, à tous les degrés que cette cause a parcourus, jusqu’à l’abolition complète de l’esclavage, soudainement proclamée dans les colonies françaises en 1848, et alors même, salutaire, autant qu’irrévocable.

Partant de cet exemple ailleurs trop démenti, M. Augustin Cochin montre ce qui a été fait pour l’humanité, dans les colonies de deux puissantes nations, et de deux autres non moins civilisées, et combien il reste encore d’esclaves dans le monde chrétien, plus de quatre millions dans une partie des États républicains d’Amérique. C’est là qu’apparaît cette grande guerre civile, cette convulsion d’un empire substituée à une question de philanthropie, comme pour attester tout ce qu’une injustice sociale renferme de périls et de malheurs. On lit l’éloquent résumé des faits antérieurs à la guerre, le compte des symptômes funestes, des difficultés aggravées qui précédaient la crise formidable, dont la grandeur éloigne le dénoûment, sans l’empêcher d’être inévitable. Le cœur de l’écrivain n’hésite pas : et devant les vicissitudes de l’avenir, en invoquant la paix, il conseille, il demande, il prédit l’abolition de l’esclavage. Puis, se détournant d’une terre désolée par la guerre, il redit avec plus de force ce que la politique comme l’humanité doivent se hâter de faire, là où l’esclavage n’est point attaqué et défendu par les armes, là où il est paisible encore, et où il risque seulement d’attirer sur les maîtres la conquête étrangère, et de tenter, par un calcul d’ambition et de solidarité, d’autres États possesseurs d’esclaves.

Après cette revue de l’esclavage dans le monde chrétien