Page:Adolphe de Coston - Étymologies des noms de lieu de la Drôme.djvu/80

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siècle) et aux Lacroix, marquis de Saint-Vallier. Pour Gallaure voir Valloire.

Gumiane, près de la Motte-Chalancou, paraît se rattacher au même groupe de mots que Kum et Koms (combe) en br. ; Gumm et Kummen en dialecte suisse ; Gump en tud.[1], combiné peut-être avec le final an dont il a été question au mot Geyssans, § 1.

Olle, Ole, Oulle, Ule sont d’anciens mots qui signifient torrent, ravin, vallée encaissée, arrosée par un cours d’eau ; on les retrouve dans les noms suivants : la vallée de l’Oule, prés de Nyon, vallis Ollæ[2] ; l’Oule, Olla, qui se jette dans l’Eygues à Rémuzat ; Barberolles, torrent qui sort de la gorge étroite et profonde dans laquelle est bâti les village de Barbières, et qui veut dire : ravin de Barbières ; on appelle aussi Barbeyrols plusieurs ravins encaissés qui sont au midi de Saint-Priest (Ardèche) ; voir Barbières, § V ; Ollon, près du Buis, Castrum de Aulono en 1284, qui appartenait dans le XVIIe siècle aux d’Agoult, est à l’extrémité d’une vallée encaissée ; l’eau d’Olle et la petite Olle, qui arrosent l’Oisans ; on appelle Oule et Houle, dans les Pyrénées, les vallées dont les parois sont formées de hautes montagnes taillées à pic, comme l’Oule de Gavarnie.

Ces noms paraissent avoir la même racine que hohl, creux, concave, en all. ; hol en tud. et en hol. ; hul en dan. ; Holle en all., est le trou par excellence, l’enfer. Du danois huulsole, creux de la mer, dérive le substantif houle[3]. On peut rapprocher Oulle de son synonyme goulet, gorge, que l’on croit d’origine celtique, et qu’on retrouve dans les noms du Goulet de Brest, des Goulets du Royannais, etc. Les mots Olle et Oulle peuvent être traduits, suivant les circonstances, de plusieurs manières différentes et rappeler une ancienne poterie ou tuilerie, du laton olla, pot, vase (dans le XVIIe siècle, il y avait à Grenoble la vue des Olliers ou potiers) ; ils peuvent dériver aussi d’aula,

  1. Gatschet, Ortsetymotogische Forschungen, p. 248.
  2. Ce fief appartenait en 1600 a René de La Tour-Gouvernet.
  3. A. De Chevallet, t. 1 p. 539.