Page:Aimard, Auriac - Le Mangeur de poudre.djvu/25

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poursuite de toutes ses forces, mais tout ce qu’il pouvait faire c’était apercevoir de temps en temps un bout de queue ; le vieux, le malin animal, courait juste pour se tenir hors de portée.

— Eh ! le papa, que ne retournait-il en sens inverse !

— C’est bien ce qu’il fit. Il attendit que le daim eût pris l’avance et puis se mit à rebrousser chemin aussi vite qu’il pût mais que je sois pendu si l’audacieuse brute n’en fit pat autant ! Oui, sir !

En dépit de sa mauvaise humeur, le chasseur ne put s’empêcher de rire mais il reprit de suite son sérieux.

— Oui, sir, le satané daim rebroussa chemin également, poursuivit le colporteur ; papa alors changea de direction, le daim fit comme lui, et jusqu’à la nuit noire ils se coururent après, autour du rocher, comme s’ils eussent dansé une contredanse : tantôt on aurait cru que papa