Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/18

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cela paraisse, je suis sûr que j’ai raison, et que mon cœur ne me trompe pas lorsqu’il me dit que cet homme vous est étranger.

Ellen soupira.

Don Pablo reprit.

— Voyons, Ellen, voici l’heure à laquelle je dois vous quitter. Rester plus longtemps auprès de vous, compromettrait votre sûreté ; donnez-moi donc les renseignements que j’attends.

— À quoi bon ? murmura-t-elle avec découragement ; le coffret est perdu.

— Je ne suis pas de votre avis ; je crois, au contraire, qu’il est tombé entre les mains d’un homme qui a l’intention de s’en servir, dans quel but, je l’ignore ; mais je le saurai, soyez tranquille.

— Puisque vous l’exigez, écoutez-moi donc, don Pablo, bien que ce que j’ai à vous dire soit bien vague.

— Une lueur, quelque faible qu’elle soit, suffira pour me guider et peut-être me faire découvrir ce que je cherche.

— Dieu le veuille ! soupira-t-elle. Voici tout ce que je puis vous apprendre, et encore il me serait impossible d’assurer que je ne me suis pas trompée ; car, en ce moment, la frayeur troublait tellement mes sens, que je ne puis répondre d’avoir vu positivement ce que j’ai cru voir.

— Mais enfin…, dit le jeune homme avec impatience.

— Lorsque Harry fut tombé, frappé d’une balle, pendant qu’il se tordait dans les dernières convulsions de l’agonie, deux hommes étaient près de lui, l’un déjà blessé, Andrès Garote le ranchero, l’autre qui