Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/20

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moi je vous réponds à revoir ; croyez-moi, chère enfant, ayez confiance en Dieu, lui seul sait lire dans les cœurs ; s’il a permis que nous nous aimions, c’est que cet amour doit faire notre bonheur.

En ce moment un éclair traversa les nuages et le tonnerre éclata avec fracas.

— Voilà l’ouragan ! s’écria la jeune fille ; partez ! partez ! au nom du ciel !

— Au revoir, ma bien-aimée, au revoir, dit le jeune homme en se précipitant hors du jacal ; ayez confiance en Dieu et en moi.

— Mon Dieu ! s’écria Ellen en tombant à genoux sur le sol, faites que mes pressentiments ne m’aient pas trompée, car je mourrais de désespoir !



II.

Dans la hutte.

Après le départ de don Pablo, la jeune fille demeura longtemps pensive, ne prêtant aucune attention aux bruits lugubres de l’orage qui faisait fureur, et aux rauques sifflements du vent dont chaque rafale ébranlait le misérable jacal et menaçait de l’enlever.

Ellen réfléchissait à sa conversation avec le Mexicain ; l’avenir lui apparaissait triste, sombre et chargé de douleurs.

Malgré tout ce que lui avait dit le jeune homme, l’espoir n’avait pas pénétré dans son cœur, elle se sentait entraînée malgré elle sur la pente d’un précipice où elle prévoyait qu’il lui faudrait rouler ; tout