Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/26

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


plus rapide que la pensée, il sauta sur le jeune homme, le saisit à la gorge et le renversa sous lui.

— Ah ! ah ! continua-t-il en lui appuyant le genou sur la poitrine, le vieux lion est bon encore ; ta vie est entre ses mains. Qu’en dis-tu ? joueras-tu encore avec moi ?

Nathan rugissait en se tordant comme un serpent pour échapper à l’étreinte qui le maîtrisait.

Enfin il reconnut son impuissance et s’avoua vaincu.

— C’est bon, dit-il, vous êtes plus fort que moi, vous pouvez me tuer.

— Non, dit Ellen, cela ne sera pas ; levez-vous, père, laissez Nathan libre ; et vous, frère, donnez-moi votre couteau ; une lutte pareille doit-elle exister entre un père et son fils ?

Elle se baissa et ramassa l’arme que le jeune homme avait laissé échapper.

Le Cèdre-Rouge se redressa.

— Que cela te serve de leçon, dit-il, et t’apprenne à être plus prudent à l’avenir.

Le jeune homme, froissé et honteux de sa chute, se rassit sans prononcer une parole.

Le squatter se tourna vers sa fille, et lui offrant une seconde fois le bijou :

— En voulez-vous ? lui demanda-t-il.

— Non, répondit-elle résolument.

— C’est bien.

Sans colère apparente, il laissa tomber la montre, et, appuyant le talon dessus, il l’écrasa et la réduisit en poussière.

Le reste du repas se passa sans incident.

Les trois hommes mangeaient avidement sans échanger une parole, servis par Ellen.