Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/282

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


— Comment faire, alors ? demanda le moine ; il est évident qu’il faut à tout prix nous échapper : chaque seconde qui s’écoule nous enlève une chance de nous évader.

— J’en suis convaincu comme vous et mieux que vous-même. Ma longue absence d’aujourd’hui avait un double but : d’abord celui de nous procurer des vivres, et vous voyez que je l’ai atteint.

— C’est vrai.

— Ensuite, continua le squatter, celui de reconnaître positivement les points occupés par nos ennemis.

— Eh bien ? demandèrent-ils avec anxiété.

— J’ai réussi ; je me suis avancé sans être découvert jusqu’auprès de leurs camps ; ils font bonne garde ; ce serait folie d’essayer de passer inaperçus au milieu d’eux ; ils forment autour de nous un vaste cercle dont nous sommes le centre ; ce cercle, va toujours en se rétrécissant, si bien que dans deux ou trois jours, peut-être avant, nous nous trouverons si pressés qu’il ne nous sera plus possible de nous cacher, et nous tomberons infailliblement entre leurs mains.

— Demonios ! s’écria Fray Ambrosio, cette perspective n’est rien moins que gaie ; nous n’avons aucune grâce à espérer de ces misérables, qui se feront, au contraire, un plaisir de nous torturer de toutes les façons. Hum ! rien que la pensée de tomber entre leurs mains me donne la chair de poule ; je sais ce dont les Indiens sont capables en fait de tortures, je les ai assez souvent vus à l’œuvre pour être édifié à cet égard.

— Fort bien ; je n’insisterai donc pas sur ce point.

— Ce serait complètement inutile. Vous ferez