Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/41

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— Oh ! pouvez-vous parler ainsi !

— Fort bien ! changeons de terrain, puisque celui-là vous déplaît, je le veux bien. Vous êtes la nature la plus noble et la plus loyale que je connaisse, don Pablo ; vous n’avez jamais eu la pensée de faire d’Ellen votre maîtresse, n’est-ce pas ?

— Oh ! se récria vivement le jeune homme.

— En voudriez-vous donc faire votre femme ? dit Valentin avec un accent incisif en le regardant bien en face.

Don Pablo courba la tête avec désespoir.

— Je suis maudit ! s’écria-t-il.

— Non, lui dit Valentin en lui saisissant vivement le bras, vous êtes insensé ! Comme tous les jeunes gens, la passion vous domine, vous maîtrise ; vous n’écoutez qu’elle, vous méprisez la voix de la raison, et alors vous commettez des fautes qui, au premier moment, peuvent devenir, malgré vous, des crimes.

— Ne parlez pas ainsi, mon ami !

— Vous n’en êtes encore qu’aux fautes, continua imperturbablement Valentin ; prenez garde !

— Oh ! c’est vous qui êtes fou, mon ami, de me dire ces choses. Croyez-le bien, quelque grand que soit mon amour pour Ellen, jamais je n’oublierai les devoirs que m’impose la position étrange dans laquelle le sort nous a placés.

— Et voici un mois que vous connaissez la retraite du plus implacable ennemi de votre famille et que vous gardez ce secret au fond de votre cœur afin de satisfaire aux exigences d’une passion qui ne peut avoir qu’un résultat honteux pour vous ! Vous nous voyez employer vainement tous les moyens en notre pouvoir pour découvrir les traces de notre implacable