Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/454

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milla l’avait deviné ; la preuve en est qu’il a trouvé le seul moyen d’obliger ces démons à se rendre : c’est de les enfumer.

Des cris d’enthousiasme accueillirent ces paroles.

— Guerriers ! reprit Valentin, jetez dans cet antre le plus de bois et de feuilles que vous pourrez ; lorsqu’il y en aura un amas considérable, nous y mettrons le feu.

Chacun à l’envi l’un de l’autre s’empressa de lui obéir.

Le Cèdre-Rouge et ses compagnons, devinant probablement l’intention de leurs ennemis, tâchaient de s’y opposer en faisant une fusillade incessante, mais les Indiens, rendus prudents par l’expérience, se plaçaient de façon à éviter les balles, qui ne touchaient personne.

Bientôt l’entrée du couloir fut presque obstruée par les matières inflammables de toutes sortes qu’on y avait entassées.

Valentin prit une torche allumée ; mais, avant de mettre le feu, il fit un geste pour commander le silence, et s’adressant aux assiégés :

— Cèdre-Rouge ! cria-t-il, on va vous enfumer ; voulez-vous vous rendre ?

— Allez au diable ! Français maudit ! répondit le squatter.

Et trois coups de feu servirent de péroraison à cette réponse énergique.

— Attention, maintenant ! car lorsque ces démons se sentiront griller, ils tenteront un effort désespéré, dit Valentin.

Il se baissa et jeta la torche sur le bûcher. Le feu pétilla aussitôt, et un épais nuage de fumée et de flamme forma un rideau devant le corridor.