Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/460

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tour de ces trois poteaux la population élisait tumultueusement les juges chargés de venger la vindicte publique.

Les juges choisis furent au nombre de sept.

Voici leurs noms :

Valentin, Curumilla, l’Unicorne, le Chat-Noir, l’Araignée et deux autres chasseurs des Comanches.

On avait eu soin de ne pas mettre au nombre des juges ceux qui avaient des accusations à porter contre les prisonniers.

À midi précis, il se fit un silence de plomb dans l’assemblée.

Une troupe de guerriers et de trappeurs avait été chercher les prisonniers à la prison pour les conduire devant les juges réunis en face des potences.

Bien que ses efforts pour éveiller quelques bons sentiments dans le cœur des bandits eussent échoué, le père Séraphin avait voulu les accompagner et les exhorter jusqu’au dernier moment.

Il marchait à droite du Cèdre-Rouge et Ellen à sa gauche.

Lorsque les prisonniers furent arrivés devant le tribunal, Valentin, nommé président malgré lui, appela les accusateurs.

Ils se présentèrent aussitôt.

Ils étaient cinq.

C’étaient don Miguel Zarate, don Pablo de Zarate, son fils, Andrès Garote, la Gazelle blanche et le Blood’s Son.

Valentin prit la parole d’une voix haute et ferme :

— Cèdre-Rouge, dit-il, vous êtes jugé selon la loi de Lynch, vous allez entendre les crimes dont on vous accuse ; entière liberté vous est laissée pour vous défendre.