Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/464

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— Oui, dit le Blood’s Son d’une voix creuse, le Cèdre-Rouge a tué doña Clara, la fille de don Miguel : sa fille Ellen doit mourir.

Les juges eux-mêmes reculèrent épouvantés.

Le Cèdre-Rouge poussa un rugissement terrible.

Seule, Ellen ne trembla pas.

— Je suis prête à mourir, dit-elle d’une voix douce et résignée. Hélas, pauvre jeune fille ! Dieu sait avec quelle joie j’aurais donné ma vie pour sauver la sienne.

— Ma fille ! s’écria le Cèdre-Rouge avec désespoir.

— C’est ainsi que criait don Miguel pendant que vous assassiniez lâchement son enfant, répondit cruellement le Blood’s Son : œil pour œil, dent pour dent !

— Oh ! c’est horrible ce que vous faites là, mes frères, s’écria le père Séraphin. C’est le sang innocent que vous versez, il retombera sur vos têtes. Dieu vous punira. Par pitié, mes frères, par pitié, ne tuez pas cette innocente jeune fille !

Sur un signe de l’Unicorne, quatre guerriers s’emparèrent du missionnaire, et, malgré ses efforts, tout en usant de grands ménagements avec lui, ils l’enlevèrent et le conduisirent à la hutte du chef, où ils le gardèrent à vue.

Valentin et Curumilla cherchaient vainement à s’opposer à cet acte barbare ; les Indiens et les trappeurs, travaillés par le Blood’s Son, réclamaient à grands cris l’exécution de la loi et menaçaient de se faire justice eux-mêmes.

En vain don Miguel et son fils suppliaient l’Unicorne et le Blood’s Son ; ils ne pouvaient rien obtenir.

Enfin l’Unicorne, fatigué des prières du jeune