Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/57

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nos ravisseurs, il y eut du sang versé. À la suite de cette querelle, ils se séparèrent. Ma sœur fut emmenée d’un côté, moi de l’autre : jamais je ne l’ai revue.

Le Blood’s Son sembla faire un effort sur lui-même, puis, fixant ses yeux attendris sur la jeune fille :

— Mercédès ! Mercédès ! s’écria-t-il avec explosion, est-ce bien toi ? est-ce donc toi que je retrouve après tant d’années ?

La Gazelle blanche releva vivement la tête.

— Mercédès ! s’écria-t-elle ; c’est le nom que me donnait ma mère.

— C’est moi ! moi, Stefano, ton oncle, le frère de ton père ! fit le Blood’s Son, presque fou de joie en la serrant sur sa poitrine.

— Stefano ! mon oncle ! Oui ! oui ! Je me souviens ! je sais !…

Elle tomba inanimée dans les bras du Blood’s Son.

— Misérable que je suis, je l’ai tuée !… Mercédès, ma fille chérie, reviens à toi !…

La jeune fille rouvrit les yeux et se jeta au cou du Blood’s Son en pleurant de joie.

— Oh ! mon oncle ! mon oncle ! j’ai donc une famille enfin ! Mon Dieu ! merci.

Le visage du chasseur devint grave.

— Tu as raison, enfant, dit-il ; remercie Dieu, car c’est lui qui a tout fait et qui a voulu que je te retrouvasse sur la tombe même de ceux que tous deux nous pleurons depuis si longtemps.

— Que voulez-vous dire, mon oncle ? demanda-t-elle avec étonnement.

— Suis-moi, ma fille, répondit le coureur des bois, suis-moi, et tu vas le savoir.

La jeune fille se leva péniblement, s’appuya sur