Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/58

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son bras et le suivit. À l’accent de la voix de don Stefano, Mercédès comprit que son oncle avait une révélation importante à lui faire.

Ils ne marchaient qu’avec difficulté dans les ruines obstruées par les hautes herbes et les plantes grimpantes.

Arrivés auprès de la croix, le Blood’s Son s’arrêta.

— À genoux, Mercédès, lui dit-il d’une voix triste ; c’est ici qu’il y a quinze ans ton père et ta mère ont été, dans une nuit semblable à celle-ci, ensevelis par moi.

La jeune fille se laissa tomber à genoux sans répondre ; don Stefano l’imita.

Tous deux prièrent longtemps avec des larmes et des sanglots. Enfin ils se relevèrent.

Le Blood’s Son fît signe à la jeune fille de s’asseoir au pied de la croix, prit place à ses côtés, et, après avoir passé la main sur son front comme pour rassembler ses idées, il prit la parole d’une voix sourde, avec un accent que, malgré toute sa résolution, la douleur faisait trembler.

— Écoute bien, enfant, dit-il, car ce que tu vas entendre servira peut-être à nous faire retrouver, s’ils existent encore, les meurtriers de ton père et de ta mère.

— Parlez, mon oncle, répondit la jeune fille d’une voix ferme ; oui, vous avez raison, c’est Dieu qui a voulu que notre reconnaissance s’opérât ainsi ; soyez persuadé qu’il ne permettra pas que les meurtriers demeurent impunis plus longtemps.

— Ainsi soit-il ! fit don Stefano ; il y a quinze ans que j’attends patiemment l’heure de la vengeance. Dieu me soutiendra, je l’espère, jusqu’au moment où