Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/62

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— Oui.

— Vous tenez à ce que la vengeance, que depuis si longtemps vous poursuivez, ne vous échappe pas maintenant que vous êtes sur le point de l’atteindre ?

— Oui.

— Enfin, vous voulez accomplir votre serment jusqu’au bout ?

— Oui ; mais pourquoi toutes ces questions ? demanda-t-il avec impatience.

— Je vais vous le dire, mon oncle, répondit-elle en redressant la tête avec une résolution étrange, c’est que moi aussi j’ai fait un serment, et je ne veux pas le fausser.

— Et ce serment ?

— C’est celui de venger mon père et ma mère ; pour que je l’accomplisse, il faut que je sois libre d’agir à ma guise ; voilà pourquoi je ne vous révélerai ces noms que lorsqu’il en sera temps ; aujourd’hui, je ne puis le faire.

Une telle résolution brillait dans l’œil noir de la jeune fille, que le Blood’s Son renonça à l’amener à faire ce qu’il désirait ; il comprit que toute instance de sa part serait inutile.

— C’est bien, répondit-il ; qu’il en soit donc ainsi, mais tu me jures…

— Que vous saurez tout quand l’instant sera venu ! fît-elle en étendant la main droite vers la croix.

— Cette parole me suffît ; mais puis-je au moins savoir ce que tu comptes faire ?

— Jusqu’à un certain point, oui.

— J’écoute.

— Vous avez un cheval.

— Il est au bas de la colline.