Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/70

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cheval sur son plus beau coursier ; par-dessus tous les deux on éleva un monticule. Un bâton enfoncé dans le tombeau supportait la bannière du chef et les scalpes nombreux que, dans les combats, il avait enlevés à ses ennemis.

Aussi la montagne du Bison-Fou est-elle un objet de vénération pour les Indiens, et lorsqu’un Peau-Rouge va pour la première fois suivre le sentier de la guerre, il vient raffermir son courage en contemplant cette cime enchantée qui renferme le squelette du guerrier indien et de son cheval.

Le chef examinait attentivement la colline ; c’était en effet une formidable position.

Les blancs l’avaient encore fortifiée autant que cela leur avait été possible, en coupant les arbres les plus gros qu’ils avaient trouvés et en élevant d’épaisses palissades garnies de pieux taillés en pointe, et défendues par un fossé circulaire large de six mètres dans toute sa longueur. Ainsi armée, la colline était devenue une véritable forteresse imprenable, à moins d’un siège en règle.

Stanapat rentra dans le bois, suivi de son compagnon, et regagna son campement.

— Le chef est-il satisfait de son fils ? demanda l’Indien avant de se retirer.

— Mon fils a les yeux du tapir, rien ne lui échappe.

L’Élan-Rapide sourit avec orgueil en s’inclinant.

— Mon fils, continua le chef d’une voix insinuante, connaît-il les faces pâles qui se sont retranchés sur la colline du Bison-Fou ?

— L’Élan-Rapide les connaît, répondit l’Indien.

— Ooah ! fit le sachem. Mon fils ne se trompe pas ? il a bien reconnu les pistes ?