Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/293

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plate et assez petite, en maroquin, fermée par an ressort que la comtesse fit jouer.

La boîte s’ouvrit et laissa voir une délicieuse miniature sur ivoire, entourée de trois rangs de perles fines.

Cette miniature, due à un artiste de mérite, représentait une femme d’une grande beauté, âgée de dix-neuf à vingt ans, et dont la ressemblance avec la fillette était frappante ; au-dessous était gravé ce seul mot : Luz. 1857.

Vanda jouait avec Dardar pendant cette inspection.

Tous deux se roulaient joyeusement au milieu de la tente.

La comtesse appela sa nouvelle protégée et lui montra le portrait.

L’enfant s’en saisit, le baisa en fondant en larmes et en criant à plusieurs reprises :

— Maman ! maman ! chère maman !

La comtesse reprit le portrait, le referma et, à force de baisers et de caresse, réussit à tarir les larmes de la fillette.

Il n’y avait pas à en douter : ce portrait était celui de sa mère.

L’enfant portait au cou, selon la coutume mexicaine, un petit scapulaire en drap, sur lequel une croix était brodée en perles fines ; elle avait des boutons de diamants aux oreilles.

Tout semblait prouver que cette petite appartenait à une famille riche, dont, à la suite de quelque catastrophe inconnue, elle avait été violemment séparée.

Mais quelle était cette catastrophe ? Voilà ce qu’il importait de savoir.

Après avoir minutieusement relaté tout ce que renfermait la valise, on passa à l’examen de la bourse, du portefeuille et des alforjas, espèces de doubles poches en toile destinées à renfermer les vivres, etc.

On commença par la bourse : elle contenait 478 onces d’or mexicaines ; dans les fontes on avait trouvé, jetées à même : dans celle de droite, 522 onces ; dans celle de gauche, 478 onces ; en tout 1,427 onces, ce qui, réduit en