Page:Aimard - Les Trappeurs de l’Arkansas, 1858.djvu/7

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carabine, entouré d’ennemis de toutes sortes, Indiens et bêtes fauves qui, tapis dans les buissons, au fond des ravins ou au sommet des arbres, épient le moment de fondre sur lui pour en faire leur proie ; il se sent réellement le roi de la création qu’il domine de toute la hauteur de son intelligence et de son intrépidité.

Cette fiévreuse existence aux péripéties étranges, jamais les mêmes, a été pendant plus de quinze ans celle de M. Aimard. Chasseur intrépide, il a poursuivi les bisons avec les Sioux et les Pieds Noirs des prairies de l’ouest ; perdu dans le Del Norte, ce désert de sables mouvants qui a englouti tant de victimes, il a erré près d’un mois en proie aux horreurs de la faim, de la soif et de la fièvre. Deux fois il a été attaché par les Apaches au poteau de torture ; esclave des Patagons du détroit de Magellan pendant quatorze mois, en butte aux plus cruels traitements, il échappe par miracle à ses persécuteurs. Il a traversé seul les Pampas de Buenos-Ayres à San-Luis de Mendoza, sans crainte des panthères et des jaguars, des Indiens et des Gauchos. Poussé par un caprice insensé, il veut approfondir les mystères des forêts vierges du Brésil et les explore dans leur plus grande largeur malgré les hordes féroces qui les habitent.

Tour à tour squatter, chasseur, trappeur, partisan, gambusino ou mineur, il a parcouru l’Amérique, depuis les sommets les plus élevés des Cordillères jusqu’aux rives de l’Océan, vivant au jour le jour, heureux du présent, sans souci du lendemain, enfant perdu de la civilisation.

Ce ne sont donc pas des romans que M. Aimard écrit