Page:Aimard - Par mer et par terre : le corsaire.djvu/208

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gement du navire dont il s’était ainsi emparé, il faisait amarrer sur le pont les blessés ou les valides échappés au combat, sabordait le malheureux navire qui coulait à pic, et tout était dit.

Le capitaine Galhaubans nourrissait une haine implacable contre les Espagnols, je n’ai jamais su pourquoi.

Après s’être emparée ainsi de quelques bâtiments, la Fortune redevenait négrier, enlevait ses canons et se rendait à la côte d’Afrique pour y prendre un chargement de noirs ; le brick-goëlette était du reste parfaitement aménagé pour ce double service.

En quittant Boston, la Fortune était devenue corsaire.

Ce fut ainsi, mon cher Maraval, que, par le travers de Tristan-d’Acunha, j’eus l’heureux hasard de vous rendre service, ainsi qu’à votre charmante femme et à vos enfants, en vous sauvant des mains d’un pirate anglais, qui, après avoir brûlé le navire que vous montiez, se préparait, m’avez-vous dit, à vous faire un assez mauvais parti.

— C’est-à-dire, interrompit énergiquement M. Maraval, que vous m’avez sauvé de la mort, du déshonneur et de la misère ; le capitaine Galhaubans m’a juré lui-même qu’il ne se souciait nullement d’attaquer ce pirate, avec lequel, selon son expression, il n’avait que des coups à gagner ; qu’il n’avait fait que céder à vos instantes prières ; il est bon de bien établir ces faits ; c’est aussi cette fois que vous avez rencontré la famille Quiros, embarquée sur le même bâtiment que moi, et qu’elle aussi vous doit son salut.